article NR du 26/10/06
l'équilibriste à deux têtes (26/10/2006)
L'ancien péciste Renaud Stoecklin occupe une fonction particulière, celle d'entraîneur joueur. Une situation rendue possible par des relations saines entre entraîneur, joueurs et dirigeants.
Pas évident à gérer, le statut d'entraîneur joueur lorsque l'équipe évolue au niveau national. Le sportif doit d'abord superviser l'ensemble de l'équipe, sans pour autant laisser de côté la performance individuelle. Or, le temps passé à entraîner le groupe est du temps en moins passé à la préparation individuelle. Des intérêts antagonistes que Renaud Stoecklin semble réussir à gérer par une délégation réussie au président Claude Soetart lorsqu'il est sur le terrain. « On commence à trouver un bon équilibre. Lorsque dans un match je passe des périodes où mon niveau baisse, il n'hésite pas à me sortir lorsque je ne le fais pas moi-même. Après, c'est vrai, mon niveau serait meilleur si je me concentrais plus sur mon travail. Heureusement, les gars répondent très bien, ils sont présents pour se défoncer, tout le monde va dans le même sens. »
Comment le nouvel entraîneur en est-il arrivé à prendre la tête de l'équipe ? Une suite de petites décisions, parfois de hasards. L'histoire commence par une relation de confiance avec Tom Camara. Renaud jouait peu au PEC-JC et a accepté de rejoindre Loudun. Recrue de taille, il prend directement le brassard de capitaine. « Ensuite les choses se sont enchaînées. Tom Camara avait des ambitions et a répondu positivement à une offre pour entraîner les filles de Vaux-en-Velin en division 2. Christian Bourdon m'a demandé si le poste m'intéressait. J'ai hésité parce que je m'occupais déjà d'une bonne génération de quinze ans du PEC. L'état d'esprit du club m'a décidé. »
Difficile de se passer d'un bon joueur
Mais voilà, lors de la préparation, le jeune entraîneur s'inquiète de l'effectif instable. De nombreux cadres sont retenus dans leur préparation pour des raisons professionnelles. « Le recrutement était en plus difficile parce que Loudun est loin de tout. » Stoecklin prend donc une sage décision. Il solidifiera le groupe en retournant sur le terrain. Et cette situation semble porter ses fruits. « Tout le jeu de Loudun est basé sur leur numéro cinq (Renaud Stoecklin). C'est vrai qu'il est fort. Le gardien n'est pas mauvais non plus. Ça peut suffire pour se maintenir », analysait Sandrine Boy, l'entraîneur de Gond-Pontouvre, à l'issue de la rencontre de samedi (gagnée 28-22 par Loudun).
A n'en pas douter, l'équilibriste Renaud Stoecklin a trouvé une stabilité que certains n'auraient pas réussi à gérer. Le secret réside dans une équation simple. Un bon entraîneur et un bon joueur.
Correspondant NR, Samuel Bouron.